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    Le meurtre d'une femme dans le quartier de Gangnam à Séoul émeut les Sud-Coréens

    De nombreux Sud-Coréens se sont mobilisés pour rendre hommage à la victime d'un crime qu'ils jugent sexiste. Mais la police de Séoul n'en est pas convaincue.

    De nombreux hommages ont été rendus en Corée du Sud, après le meurtre misogyne d'une jeune femme de 23 ans, dans le quartier de Gangnam, à Séoul, dans la nuit du 17 mai.

    Interrogé par la police, le suspect a indiqué qu'il aurait commis ce crime car il avait été rabaissé par les femmes par le passé.

    Toute la semaine, une sortie de la station de métro de Gangnam a été recouverte de post-it et de chrysanthèmes blancs, symboles du deuil dans le pays.

    Les post-it contenaient des messages de deuil à l'attention de la jeune femme tuée, mais aussi de nombreux appels à cesser les crimes misogynes dans le pays.

    Certains messages ont souligné que ce crime a eu lieu à Gangnam, quartier connu à l'international grâce au tube de PSY, Gangnam Style.

    Ce mouvement a également libéré la parole sur les réseaux sociaux, avec de nombreux témoignages regroupés sous le hashtag #살아남았다: «J'ai survécu.»

    Dimanche, la police de Séoul a toutefois indiqué qu'il ne s'agissait pas, d'après elle, d'un crime haineux, et explique le meurtre par l'état mental instable du suspect.

    Cette conclusion a donné lieu à d'autres protestations. «Je pense que la société coréenne est trop habituée aux discriminations sexistes», a déclaré un témoin au Korea Herald.

    «Je ne pense pas que la police puisse régler le problème des violences faites aux femmes», a dit Kim Eun-ji au quotidien anglophone. «J'ai l'impression que la police essaye de montrer que ce n'était pas un crime haineux.»

    La Corée du Sud est classée à la 115e place (sur 145) en matière d'égalité des sexes par le World Economic Forum (forum économique mondial). Ces inégalités ne sont pas qu'économiques, comme l'indique cet article de Sisa In traduit par Courrier international.

    Plusieurs associations de défense des «droits des hommes», s'insurgent notamment contre le jour mensuel de «congé menstruel», ou le fait qu'elles ne sont pas soumises au service militaire obligatoire. Un forum appelé Ilbe est réputé pour être un vivier de messages haineux à l'égard des femmes.